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Le kata comme métaphore du rite païen

il y a 2 heures
3 min de lecture

Cela fait quelques temps que je songe à cet article un peu étrange qui risque d'en surprendre quelques uns de prime abord. Un article qui compare les katas pratiqués dans les arts martiaux avec les rites effectués dans le paganisme. Si cette comparaison m'est venue en tête c'est qu'évidemment, je pratique un art martial. A vrai dire, j'ai eu une sorte de révélation lorsque mon professeur m'a dit un jour : « Le kata, c'est le cadre strict. Ensuite dans la vie réelle, on peut sortir du cadre. »


Alors, commençons par le principe du kata dans les arts martiaux. Il s'agit d'une série de mouvements exécutés de manière très précise. La position du corps, des bras, des mains, des pieds, au centimètre près. Le rythme précis doit être respecté. Il y a des mouvements lents, d'autres plus rapides, des respirations à contrôler, des changements de directions, des temps d'arrêts et une maîtrise permanente de ce qui doit être effectué.

Les katas sont transmis de génération en génération. Ils sont appris par cœur et chacun les reproduit fidèlement. Cela fait partie des règles de la discipline.

Pourtant, une pratique qui se construit uniquement sur l'apprentissage des katas, est incomplète. Pourquoi ? Parce que le kata n'est pas le combat lui-même. Le kata est un cadre d'apprentissage. Chaque mouvement possède une explication; chaque geste, une interprétation. Lors d'un combat réel, on mobilise ce que le kata nous a appris afin d'interpréter la situation. On adapte en fonction de la situation et l'on improvise. C'est pour cela qu'il est nécessaire d'apprendre également lors des combats réels.

Le kata transmet donc des principes que le combat met à l'épreuve.


Venons-en aux rites... Dans la pratique religieuse, le rite constitue une forme codifiée. Il est une succession de gestes précis, de paroles et d'offrandes. Il possède un rythme, des silences, des objets symboliques, et une temporalité précise. Rien n'est improvisé. Tout correspond à un ordre symbolique et sacré. Chaque geste, chaque mot a une importance spécifique. Le rite constitue un cadre strict que l'on ne peut modifier. Ces gestes n'ont pas été inventés au hasard. Ils possèdent tous une explication. Ils sont la retranscription matérielle d'une cosmogonie.

Mais la pratique religieuse ne se limite pas aux rites. Si le rite est le cadre strict, tout ce que nous vivons en dehors du rite, nos pratiques personnelles et notre spiritualité, c'est le combat réel. C'est le moment où nous adaptons et improvisons en fonction de la situation. Le combat réel dans les arts martiaux peut se comparer à l'expérience quotidienne dans la pratique religieuse.

Et tout comme un pratiquant d'art martiaux ne saurait avoir une pratique complète en apprenant uniquement les katas, un pratiquant religieux ne saurait comprendre parfaitement sa pratique en n’effectuant que les rites, sans jamais réfléchir aux sens de ses gestes. De même que pratiquer les arts martiaux sans jamais apprendre les techniques du kata et en improvisant des gestes serait dénuer de bon sens ; avoir une pratique religieuse sans aucun cadre présent par les rites serait également problématique.

Dans les deux cas, nous avons besoin à la fois du cadre strict du kata ou du rite et de la souplesse de la vie réelle ou quotidienne.



La tradition comme transmission d'une forme


Ainsi, la tradition nous transmet une forme codifiée. Les katas ne sont pas inventés à chaque entraînement. Ils sont appris, répété et transmis depuis de nombreuses années. Il en va de même pour le rite. Néanmoins, la transmission n'interdit pas l'adaptation. Dans le karaté par exemple, on observe plusieurs styles (shotokan, goju-ryu, wado-ryu, shito-ryu etc..) et les katas sont adaptés à chaque style. De même, dans le paganisme il existe des adaptations conscientes et volontaires en fonction de la zone géographique et de la situation. Tout réside dans la compréhension des principes et une adaptation cohérente en fonction du contexte.


Bien sûr et je finirai là-dessus, de nos jours, tout l'enjeu du paganisme est justement de retrouver ce fameux « cadre strict ». Les adaptations sont évidemment inévitables. Pour rester sur la comparaison avec les arts martiaux, c'est comme si nous essayions de reconstruire un kata entier à partir de quelques croquis éparpillés dont le temps aurait effacé le trois-quart des traits.

(Bon chance)


Et puisqu'il est impossible de retrouver l'entièreté des croquis, nous devons nous mettre devant l'évidence que c'est certainement à nous, aujourd'hui, de proposer un cadre qui pourra être transmis à nos descendants, sans trahir celui que nos ancêtres se transmettaient.


1 commentaire


Gerald
il y a 6 minutes

je plussoie totalement, c'est comme cela aussi que je vois le kenpo, il doit être aussi une façon de vivre, de penser et d'agir. Le karaté est une façon d'être qui doit se répercuter en nous, ce n''est pas seulement un "sport" c'est un véritable art d'être et de vivre , une discipline totale.

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